ARCHÉE

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Les archées sont l’une des trois premières formes de vies sur terre. Arkhè (ἀρχή), dans la philosophie grecque, signifie l’origine, le fondement, le commencement. En référence à la plus ancienne signification d’« ἀρχή [arkè] », le terme de « matriarcat » signifie « mères depuis le début ». Cela renvoie à la fois au fait biologique que, étant celles qui donnent naissance, les mères sont à l’origine de la vie et qu’elles sont aussi les créatrices des commencements de la culture. C’est aussi un terme employé par les alchimistes pour désigner Le principe de la vie. L’archée, c’est la portée d’un arc.

Kyoto, Japon. Le ciel, la nuit étoilée. Au sortir d’un concert, Mylène Benoit découvre un groupe de femmes qui pratiquent un art martial millénaire : le Kyudo, tir à l’arc traditionnel. Elle est saisie par la force à la fois spirituelle et guerrière de leurs gestes. La puissance ancestrale de leurs corps tendus vers la cible rappelle à la chorégraphe que ces gestes féminins – et à travers eux une idée de leur place dans la construction de l’histoire – ont disparu de la mémoire officielle de l’humanité avec l’avènement du patriarcat. Avec Archée, Mylène Benoit crée une pièce où le corps de la femme est «une arme de connaissance, un outil de relation perpétuelle au monde». Construite dans un dialogue constant avec neuf femmes, performeuses et musiciennes, venues de différents horizons (Israël, Suède, Taïwan, France…) Archée formule de nouvelles « hypothèses de réalité historique » pour convoquer une mémoire équitable qui permet de nous réparer, de réarmer ensemble l’avenir des hommes et des femmes.  

 

Rosita Boisseau – À Avignon, Mylène Benoit plonge à la source du féminin
Le Monde, 21 juillet 2021

« Une volée d’estrades en arc de cercle relie les deux immenses platanes du cloître des Célestins, à Avignon. Une femme frappe au marteau sur un morceau de métal. La lune veille, et ça tombe drôlement bien pour le spectacle Archée, de Mylène Benoit, uniquement interprété par des danseuses sur le thème du féminin. On y entendra donc parler du sang des règles, de la mort programmée des filles dans certains pays et de la fragilité du chromosome Y. (…) Ce plongeon à la source du féminin qu’est Archée s’enroule dans une partition musicale insolite. Comme dans une forêt profonde transpercée de cris d’oiseaux et d’animaux, elle module rires, hululements, piaillements, halètements, se faufile d’un coin du plateau à l’autre avant de réunir les danseuses en cercle. Les mélopées, inspirées par les chants de gorge inuits auxquels ont été initiées les interprètes et qu’elles revisitent à leur façon, surfent sur une gamme de joie, de douleur, de colère aussi, qui dialoguent dans un jeu d’échos. Du secret que l’on chuchote à la réalité que l’on hurle au grand jour, les voix des femmes se dilatent. Le souffle se fait plus profond, qui ouvre à la liberté. »

 

Marie Sorbier – Sommes-nous prêts à renouer avec la beauté brute ?
I/O Gazette, 18 juillet 2021

« La beauté nait dans les cloîtres. Cet adage auquel nous croyons chaque mois de juillet a pris corps cette année entre les platanes des Célestins. La chorégraphe et plasticienne Mylène Benoit s’empare de la majesté du lieu avec maestria et propose un rite initiatique aux racines de la force du féminin. (…) La scène inaugurale séduit par sa radicalité ; dans le noir du ciel étoilé, des appels, des cris de reconnaissances déchirent le silence, résonnent en échos, enveloppent le gradin de toute part comme les louves qui reconstituent leur meute. La chorégraphe assume avec grâce de danser la force sans la masculiniser, de donner à tous ces corps de femmes, différents, un élan singulier qui ne cherche ni à singer ni à se comparer, mais qui créent, devant nos yeux, une nouvelle grammaire, une nouvelle glaise faite de sang, de peaux et de murmures. »

 

Alain Lipietz, spectateur – économiste et ancien député européen Europe Écologie Les Verts

Juillet 2021

« Festival d’Avignon. On commence, c’est le cas de le dire, par le magnifique « Archée », de la chorégraphe Mylène Benoit. La traduction la plus commune est tout simplement « commencement » : Èn archè èn o Logos, Au commencement était le Verbe… Sauf que non, montre ce spectacle superbe, dans mon site préféré d’Avignon, le cloitre des Célestins, scène entre deux immenses platanes sur fond d’arches romanes. Au commencement était le cri, qui peu à peu dans la nuit se fait ébauche de mélopée, au commencement était la reptation d’in-formes vivantes, qui peu à peu se fait coopération, concurrence, hiérarchie contestée, solidarité. Entre femmes.

Ne pas s’exaspérer de la lenteur initiale du premier mouvement : bientôt le spectateur un instant distrait aura du mal à reconstituer comment s’est imposée telle figure, tel motif, leitmotiv, jusqu’à l’apothéose frénétique à la fin du mouvement. Émergence, plutôt que commencement.
Au second mouvement apparaît la Parole, et comme les danseuses sont de tous les continents, elles nous parlent en toutes les langues mais se comprennent entre elles, dans l’évocation des malheurs et de la puissance des femmes.
Au troisième mouvement elles reviennent nues sur la scène et commencent à s’enduire de peinture, elles-mêmes et entre elles, marquant les murs et le sol de leurs mains, de leurs ventres, créant en même temps leur parure et la culture (paléolithique), en un tourbillon de couleurs de plus en plus éblouissant.  

Sidérant et bouleversant. »

 

François Frimat & Mathilde SannierREGARDONS, ÉCOUTONS, TOUCHER L’IMAGE
Les Démêlées, numéro 8 – hiver 2022

« Nous voilà alors en communication avec ce dialogue tantôt en harmonie, tantôt en canon, au gré d’une diversité de tessitures qui accompagne une communauté s’élargissant à nous. Plus tard, ces femmes se retrouvent au centre de la scène, en bord de plateau. C’est littéralement un cercle de femmes qui se crée et démontre une puissance de solidarité et d’égalité tout en poursuivant leur œuvre vocale. Chacune leur tour, elles se placent au centre ou en marge du groupe pour devenir la principale protagoniste. Les sons libérés s’intensifient et engagent leur corps entier, plus seulement depuis la gorge mais du ventre et des tripes. Une fois cette vitalité oppressive libérée de leur être profond, elles retrouvent le calme et commencent alors un ballet de tendresse entre elles. Les danseuses sont accompagnées des deux musiciennes qui prennent part entière à la scénographie et à la performance scénique (…)

Il ne s’agit pas de revenir aux temps archaïques mais de se souvenir que pour bander son arc, on doit se représenter la cible que l’on veut atteindre comme si elle était dans notre dos. Archée nous a semblé parfaitement tendu vers sa cible. »

 

 


ARCHÉE

Distribution

  • Avec  Jia-Yu Corti, Célia Gondol, Hanna Hedman, Sophie Lebre, Clara Lloret Parra, Agnès Potié, Tamar Shelef, Yi-Wei Tien, Bi-Jia Yang, Wan-Lun Yu (7 femmes au plateau en alternance)
  • Et la musicienne Pénélope Michel
 
  • Conception, mise en scène Mylène Benoith
  • Chorégraphie Mylène Benoit avec Célia Gondol, Hanna Hedman, Sophie Lebre, Agnès Potié, Marcela Santander Corvalán, Tamar Shelef, Bi-Jia Yang, Wan-Lun Yu
  • Création musique et voix Pénélope Michel et Anne-Laure Poulain
  • Dramaturgie Céline Cartillier
  • Assistante artistique Lilou Robert
  • Collaboration artistique Magda Kachouche, Delphine Lermite, Bérengère Vallet
  • Dramaturgie sonore Manuel Coursin
  • Création lumière et objets lumineux Rima Ben Brahim
  • Régie lumière Rima Ben Brahim, Charles Buisine (en alternance)
  • Régie son Fred Marchand, Emmanuel Gautiez (en alternance)
  • Costumes Frederick Denis, assisté de Louise Dael
  • Scénographie Juliette Dupuy / Studio Formule, Mylène Benoit
  • Construction scénographie Antoine Miserey / Artcomposit
  • Accessoires Maeva Cunci
  • Partage de pratiques voix et corps Emilie Domergue (Cri et voix saturée), Marie-Pascale Dubé (Chant de gorge), Laurence Oriou (Kyudo), Nina Santes (travail corps et voix), Corine Sombrun / TranceScience Research Institute (Transe)
  • Direction technique Caroline Carliez, Greg Leteneur, Franck Titecat, Joris Valet
  • Directrice de production Fanny Virelizier
  • Administration avec Sarah Calvez
  • Production, diffusion, communication Camille Martin-Sermolini
 
  • Avec les voix de Anna Agafonova, Vibanghi Ameta,  Rima Ben Brahim, Elena Berezovskaya, Claire Bisman, Céline Cartillier, Eva Deligiannidis, Marie-Pascale Dubé, Florence Gravas, Yuika Hokama, Magda Kachouche, Michèle Kachouche, Pierrette Le Berre, Delphine Lermite, Elaine Liu, Camille Martin-Sermolini, Marianne Pichonnat, Marie Pons, Justine Pluvinage, Annabelle Playe, Anne-Laure Poulain, Tamar Shelef, Pin-Wen Su, Fanny Virelizier
 
  • Ce projet a été développé lors d'une résidence de Mylène Benoît en 2017 à la Villa Kujoyama avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller et de l’Institut français.
  • Production Contour Progressif
  • Coproduction
  • Festival d'Avignon
  • Le phénix scène nationale Pôle européen de création à Valenciennes
  • National Theater Concert Hall (NTCH) (TAIPEI, Taiwan)
  • Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale de Beauvais
  • Les Quinconces et L'Espal, Scène nationale du Mans
  • VIADANSE- Direction Fattoumi/Lamoureux - CCN de Bourgogne France-Comté à Belfort
  • L’échangeur-CDCN Hauts-de-France
  • La Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux · La Rochelle
  • Maison de la Culture d’Amiens Pôle européen de création et de production
  • L’empreinte, Scène nationale Brive-Tulle
  • Chaillot – Théâtre national de la Danse
  • Centre Chorégraphique National Roubaix Hauts-de-France – Sylvain Groud
  • Théâtre des 13 Vents CDN de Montpellier
  • Abbaye de Maubuisson avec la Villa Kujoyama
  • Festival NEXT
  • Le Gymnase CDCN Roubaix – Hauts-de-France
  • Lux, scène nationale de Valence
  • b
  • Avec le soutien de
  • Région Hauts-de-France, Drac Hauts-de-France, Institut Français, Métropole Européenne de Lille, Ville de Lille, Art Zoyd, et pour la 75e édition du Festival d'Avignon : Spedidam
 
  • Remerciements Claire Bisman - Sage-femme, Catherine Boucher et les pratiquants du club de Kyudo du Mans, Le Comité National de Kyudo, Charlotte Fouchet-Ishii - directrice de la Villa Kujoyama, Carole Fritz - directrice scientifique de la grotte Chauvet, Florence Gravas - philosophe, Claire Harsany – conseillère, Ministère de la Culture de Taïwan, Tokiko Ihara - musicienne de Sho, Gaëtane Jonnequin - sage-femme, Cho-Pei Kao - National Theater & Concert Hall Taiwan, Masako Kotera - chargée de mission culturelle, Villa Kujoyama, Anne Leroy - sage-femme, Pierrette Le Berre - enseignante d’histoire-géographie, retraitée, Meryem Le Saget, Elaine Liu – National Theater & Concert Hall Taiwan, Pi-Chen Liu - ethnologue, spécialiste des sociétés matrilinéaires aborigènes de Taïwan, Ana Mendieta - peintre, Sumiko Oe-Gottini - conseillère artistique pour la Villa Kujoyama, Laurent Pirard - chargé de communication CNKyudo, Cyril Seassau